Nos ailleurs sont ici
Au festival, les arts se croisent : photographie, installations, peinture, sculpture… Pour l’édition 2026, le regard des artistes professionnels répond à celui des amateurs
VERNISSAGE 9 OCTOBRE À 19H00
SALLE DES FÊTES
CEUX QUI COMPTENT
Alexa Brunet | Photographe invitée sur le territoire
Invitée en résidence sur le territoire de Labastide-Rouairoux au printemps 2026, j’ai interrogé à travers cette série de photographies et de témoignages la notion de don de soi. À partir d’une question simple – « Quel est le geste que vous faites chaque jour et qui ne vous rapporte rien ? » – je suis allée à la rencontre des habitants ; des collégiens, des anciens ayant vécu les luttes ouvrières, des acteurs du milieu associatif. Cette série rassemble des portraits sensibles de ceux qui donnent de leur personne pour les autres, qu’ils soient humains ou animaux, individuellement ou collectivement. Du geste quotidien emprunt de délicatesse à l’engagement politique, Ceux qui comptent cherche à rendre visibles ceux qui échappent à la logique marchande au travers du vivre-ensemble.

Xinjiang, identités en sursis / A Drive Thru America
Maxime Crozet, photographe
Du Xinjiang, le Far West chinois, aux grands espaces de l’Ouest américain, Maxime Crozet photographie la fragilité d’une culture menacée par la sinisation à marche forcée ou encore des paysages routiers dévoilant l’envers du rêve américain. A travers ces deux séries, le photographe nous emmène sur sa route monochrome, s’approchant toujours au plus près des frontières, car c’est dans les périphéries que les territoires nous révèlent leur véritable nature.

FRICK
Gilbert Barbat, photographe
Ces photos, prises au téléphone, sont le résultat de déambulations piétonnes dans Manhattan, le quartier mondial de la finance ; un quartier froid, sans humanité, que l’auteur ne pouvait que traduire symboliquement qu’en noir et blanc. Proche de Central Park, on trouve la villa de Monsieur Clay Frick, industriel américain qui fit fortune au XIXe siècle avec le développement du ferroviaire – d’où l’expression « faire du frick ». Son intérieur, pour le moins flatteur, est occupé par de très nombreux chefs-d’œuvre français.

La ville côtière
Maxime Callen, artiste plasticien
À la manière d’une publicité, cette vidéo met en scène La Ville Côtière, eldorado libertarien où les enjeux individuels priment sur tout. Nourrie entre autres, des thèses de David Friedman, cette dystopie enrobée de messages publicitaires révèle ses parts d’ombre lorsqu’une baisse de la natalité vient troubler la croissance. Son réalisme troublant, son futurisme timide nous rappellent que ce monde n’est pas si éloigné du nôtre.

Pas cher !
Zahia Fabrega
Les publicités font partie intégrante de notre vie, à tel point qu’on ne les remarque même plus. Mais si elles proposent des produits aux concepts inhabituels et à des prix exorbitants, restent-elles invisibles ? Durant son stage à l’association Échos-ci, Échos-là, Zahia Fabrega s’est demandé à quoi ressembleraient les pubs si le consumérisme atteignait son paroxysme.

Les Gestes de l’Émotion
Annick Gaudefroy, artiste plasticienne
Une approche basée sur l’émotion devant un corps, une photo, le grès. Excluant de reproduire le réel ou l’imaginaire. Le lâcher-prise comme libération des tensions. La matière, les couleurs, au service des gestes, du geste qui m’identifiera. À un moment « décisif » – un écho à ce que je ressens. Une invitation au regardeur à accompagner ce qui s’est dévoilé

Liberté-égalité-consommation
Élèves des ateliers d’art visuel ados-adultes narbonnais « Reg’art / Clic clac images / Points de vues » et l’artiste-Enseignant « Hachel ».
Série d’œuvres visuelles de technique mixte (encre, aquarelle, images numériques sur papier) inspirée de trois mots « Liberté-égalité-consommation ». Une lecture poétique et satirique de nos « libertés » fictives complètement phagocytées par la politique économique mondiale, inspiré d’artistes graphiques comme Banksy et Pawel Kuczynski . Des critiques piquantes de la société contemporaine, de la politique et du consumérisme .

Couronnes sans prix
Jeanne Maigne, artiste plasticienne
Quand tout devient marchandise, même l’identité se porte comme une couronne de marques. Ces coiffes, faites d’étiquettes d’habits accumulées d’un côté et de coquillages, d’algues et de broderies minutieuses de l’autre, opposent le prix à la valeur, l’industrie au vivant. Elles rappellent qu’une autre richesse existe : libre, fragile et sans code-barres…

Reclame !
Collectif Tissons-Desliens
Cette année le collectif Tissons-Desliens joue les grandes surfaces : productions made in ici, promotions de dernière minute, soldes à tous les rayons, dernière démarque avant démarque ! Le tout à prix cassé évidemment. C’est pas du vol, l’art sain !

Un tissu urbain
cris cheek & Katrin Kleinau, artistes plasticiens
Nous décortiquons les ponts et les portes de la ville, dévoilant les strates de leur production. Nous apportons un regard sur la facture du monde matériel, un tissage de futurs possibles. En filigrane de l’assemblage industriel – briques et fragments de son infrastructure – en voici la note. Un processus de réinvention : l’argent et le travail en constituent le ciment. Notre collaboration pour la liberté, une collaboration pour l’égalité, une collaboration pour la fraternité.

SANS TITRE
Ouahide Dibane, vidéaste
« Avant, j’étais vieux. » C’est par cet oxymore saisissant que le protagoniste de ce court métrage interroge son apathie, son immobilisme passé. Qu’est-ce qui pousse les gens à se mobiliser, à se réveiller ? C’est dans un dispositif très simple, dans la rue, que Ouahide Dibane a recueilli ce témoignage enjoué. Ou comment un mouvement social peut aussi transformer les gens collectivement.
